Rêver au milieu du monde

Le cœur de ce projet réside dans la manière innovante de mailler le territoire et de réinventer l’action culturelle et la création artistique en lien avec notre implantation dans un tiers-lieu en zone rurale.

Nous souhaitons pratiquer l’infusion plutôt que la diffusion d’actions sur le territoire, inventer avec ses possibles, ses habitant.e.s en tant que résident.e.s et habitant.e.s de ce territoire également. Ce projet n’est donc pas une « résidence artistique de territoire », mais la mise en œuvre d’un processus novateur qui construit de nouvelles interactions et une nouvelle sociologie de la création à l’échelle « locale » autour de 4 fondements artistiques : le soin, l’habiter, les imaginaires et la mémoire. Ces 4 fondements sont le socle de notre démarche artistique et culturelle de territoire au sein de « Rêver au milieu du monde ».

Transdisciplinaire, mêlant arts vivants, architecture et design, métiers de la terre, artisanat, philosophie et humanités écologiques, ce projet associe la création de nouveaux imaginaires à la richesse d’un terroir et à son tissu local dans toute sa diversité naturelle et culturelle. Notre démarche consiste à ancrer nos pratiques artistiques au cœur d’un territoire, pour tisser de nouvelles relations, s’ouvrir à de nouvelles fictions à partir de la question du « local ».

Ecoféminisme et création artistique au cœur d’un territoire rural : animées par une démarche écoféministe, nous sommes convaincues que « le soin est un acte politique » (Starhawk) : soigner notre milieu de vie, c’est créer une relation avec lui qui passe par les imaginaires. En ravivant des mémoires oubliées, parfois minorisées, comme celles des femmes, ou celles des non-humains avec lesquels nous co-habitons, nous déployons une attention (« care ») spécifique à tout acte d’habiter.

Créer avec et dans le territoire que nous habitons, pour en faire le texte même de nos créations : un texte polymorphe, hybride, qui mettra en lumière sa diversité, et servira de support pour régénérer des liens sensibles et affectifs avec les lieux, les raconter, les célébrer, y devenir attentifs.

Les 4 fondements artistiques de « Rêver au milieu du monde » :

• Le soin : comment prendre soin de la terre, régénérer cette dernière en même temps que nos liens au vivant et au monde sensible ?


• La mémoire : Que nous transmet un territoire ? Redonner vie à des mémoires
oubliées, invisibilisés ou minorisés, s’autoriser à rêver autour, en créant des espaces d’expression, de création, d’écriture. (Ré-)ouvrir des espaces pour la transmission intergénérationnelle.


• Les imaginaires : ouvrir la question écologique à des imaginaires positifs, et qui ne soient pas seulement restrictifs. Exhumer des récits locaux autour de figures légendaires et/ou mythologiques, de la mémoire des lieux, ou d’inventer des imaginaires hybrides, en échos à l’interculturalité et aux syncrétismes du territoire, donner forme et force au dialogue interculturel.


• L’habiter : Comment habiter un milieu de manière plus vivante, plus respectueuse à la fois de l’humain et de la nature ? Ancrer physiquement et moralement nos existences en imaginant des implantations qui proposent un autre rapport à la terre, aux corps et en remettant en cause la séparation entre environnement naturel et société. Travailler la question du lieu de production et de diffusion des ateliers et créations qui jalonneront le projet et valoriser l’artisanat et les matériaux locaux bio et géo-sourcés.