Shishigami

photo et dessin couverture ©Audric Chapus

 

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photos Christian Vialaret

SHISHIGAMI de Céline Astrié

Création en deux versions : in situ et en salle
Texte : Céline Astrié
Mise en scène et vidéo : Céline Astrié
Scénographie : conception et réalisation par les étudiants de la section DTMS du lycée Urbain Vitry à Toulouse
Lumières : Xavier Lefrançois
Avec : Marie-Charlotte Biais, Audric Chapus, Marcelino Martin-Valiente, Mikal Vidal-Astrié et la participation de Kaman Camara
Attachées de production : Claire Balerdi, Magali Maria
Production : Nanaqui
Co-production : les Bazis, arts vivants en Couserans, Mix’art Myrys, Théâtre le Ring
Partenaires : Le Théâtre Jules Julien à Toulouse
Soutiens : la Région Occitanie, Le Conseil Départemental 31, La Ville de Toulouse, la Spédidam.

SHISHIGAMI //

« Shishigami » c’est littéralement en japonais ancien le « dieu des bêtes sauvages », c’est aussi le Cernunnos du panthéon Celte. Mi-homme mi cerf : un dieu de vie et de mort en raison de ses bois qui tombent et repoussent. Il incarne le grand cycle de la vie. Il est une représentation de la nature.

La pièce s’inspire du livre « L’intrus » de Jean-Luc Nancy au éditions Galilée.

LA PIÈCE //

Shishigami est une fiction théâtrale à plusieurs registres littéraires (théâtre, conférence, récit de vie). Le personnage principal est un artiste plasticien d’une cinquantaine d’années, Pierre, qui apprend qu’il souffre d’une insuffisance cardiaque terminale. Son unique recours est la greffe. Il annonce sa maladie à son ami, André, un intellectuel africain. S’en suivra un parcours initiatique autour de ce nouveau rapport au monde que va tisser la proximité avec la mort et la possible survie grâce à la capacité humaine à « contrôler » le vivant. L’action se passe à Paris, au cœur d’une période de forte tension sociale en France. Durant son parcours, Pierre croise la route de plusieurs personnages qui vont bouleverser son existence. Il fait la rencontre d’Élisabeth, à l’occasion d’une conférence sur les enjeux politiques de l’écologie, une sociologue chercheuse en biodiversité. Il y retrouve Quentin, le fils d’un couple d’ami. Pierre ne l’a pas vu depuis 15 ans. Une relation quasi filiale s’installe pour Pierre qui n’a pas pu avoir d’enfant et qui se pose la question de la transmission. Mais, Quentin et Sophie, fille d’Elisabeth, vont réveiller une mémoire minorée et un sentiment que Pierre avait oublié. Quentin, qui termine un brillant parcours universitaire, s’intéresse de près aux ZAD. C’est un activiste et aussi un soigneur d’âmes. Le pays connaît d’importantes manifestations qui tournent à l’émeute. Un jour de manifestation, une violente dispute éclate entre Pierre et Quentin.

A travers cette galerie de personnages et les conflits sociaux et éthiques auxquels ils nous confrontent, il sera donc question d’évoquer une transformation radicale de point de vue sur le monde et sur notre vie en commun. La question de la nature, qui fait soudain irruption dans la vie de Pierre par le biais de la défaillance de son coeur, pose, certes, une question métaphysique, mais elle bouleverse aussi son rapport aux autres et au monde.
Avec le dérèglement climatique engendré par le capitalisme productiviste, nous voyons arriver la nature comme un nouveau sujet social. Aussi, le personnage principal entre dans un devenir au sens deleuzien du terme, un devenir dans lequel bascule notre point de vue.

Céline Astrié