Sorcières, gardiennes de la lisière

Conférence – Spectacle :

« Sorcières, gardiennes de la lisière : des bûchers aux féminismes ».

Nez crochu, chapeau pointu, balai en main : la sorcière est une icône de notre imaginaire collectif, héritée des contes, des légendes et de la culture populaire. Figure ambiguë, elle cristallise depuis des siècles notre rapport à la nature, à l’invisible, à la peur et au pouvoir.

Entre la fin du Moyen Âge et l’époque moderne, l’Europe traverse une longue période de crises — famines, épidémies, guerres, bouleversements religieux. Dans ce monde profondément désorienté, la figure de la sorcière se construit progressivement comme une réponse au chaos : le mal devient intentionnel, organisé, pensé comme un complot. La démonologie et des textes comme le Marteau des sorcières donnent alors un cadre rationnel à la peur et contribuent à des persécutions massives, touchant, au fil du temps, majoritairement des femmes.

Loin d’être une survivance directe d’anciens cultes païens, la sorcière est une construction culturelle, révélatrice des transformations profondes de la modernité naissante : désenchantement du monde, contrôle des corps, reconfiguration des savoirs et domination de la nature.

Depuis les années 1970, les mouvements féministes se réapproprient cette figure persécutée pour en faire un symbole d’émancipation, de subversion et de puissance. La sorcière devient une figure identificatoire, politique et poétique, présente aussi bien dans les luttes que dans la fiction contemporaine.

Entre histoire, imaginaire et performance, cette conférence-spectacle propose d’explorer comment les sociétés fabriquent leurs figures du mal. Un voyage sensible et critique pour interroger la puissance des récits, la mémoire des violences et la manière dont l’art et l’imaginaire transforment les figures du passé en outils d’émancipation.

Une création 2021

Conception et interprétation version 2026 : Céline Astrié 

Production : cie Nanaqui

Co-production : L’Estive scène nationale de Foix et de l’Ariège

Bibliographie :

• Céline du Chéné, Sorcières. Une histoire de femmes, Michel Lafon et France
Culture, 2019
• Carlo Ginzburg, Le Sabbat des sorcières, Gallimard, 1992
• Institoris Henry – Jacques Sprenger, Le Marteau des sorcières (Malleus Maleficarum) éditions Jérôme Millon, 2017
• Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, sous la direction scientifique de Jean-Michel Sallmann – (ed. Livre de poche)
• Robert Muchembled La sorcière au village XVe-XVIIIe siècle – (éd. seuil)
• Jeanne Favret-Saada Les mots, la mort, les sorts – (éd. Gallimard)
• Dominique Camus Le livre des secrets : les mots et les gestes qui guérissent – (éd. Dervy)
• Reclaim, recueil de textes écoféministes, choisis et présentés par Emilie Hache – (éd. Cambourakis)
• Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières une histoire de femmes soignantes – (éd. Cambourakis)

Conception : Céline Astrié et Marie Renault


Mise en scène : Céline Astrié et Marie Renault


Attachée de production et diffusion : Magali Maria


Production : Compagnie Nanaqui


Co-production : l’Estive, scène nationale de Foix et de l’Ariège


Partenaires : Le Pré vert à Rabastens


Durée : environ 1h15